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ALLEMANE Jean

EXTRAIT DE "L'ENCYCLOPEDIE MARXISTE"

http://www.encyclopedie-marxiste.org/aaron_a_avril_053.htm

Né le 25 août 1843 au village de Boucou, commune de Sauveterre ( Haute-Garonne). Il fréquente jusqu'à l'âge de 10 ans l'école de Sauveterre, puis quitte le village en compagnie de ses parents. Il devient ouvrier typographe et se lie au prolétariat parisien. A l'âge de 18 ans, il est déjà syndiqué. En 186, il est condamné pour sa participation à une grève des typographes parisiens.

Pendant la Commune de Paris, il est nommé caporal du 59ème bataillon de la Garde Nationale à la 11ème compagnie, puis à la 4ème .Elu délégué- adjoint à la mairie du 5ème arrondissement de Paris, il signe l'ordre d'appel à la construction des barricades et en fait immédiatement élever une, place du Panthéon. Il est membre du club "d' Arras" dans le 5ème arrondissement, où il exerce une forte influence. Il prend la parole dans de nombreux autres clubs. Il encourage les insurgés en les haranguant, il porte toujours sur lui une ceinture rouge, un fusil et un revolver. Il s'occupe beaucoup pendant la Commune de la partie administrative, ce qui ne l'empêche pas le 24 mai de diriger la défense du quartier, il est d'ailleurs président du conseil de la 5ème Légion.

Arrêté le 28 ma i 1871, il comparait devant la 9ème chambre correctionnelle, qui le condamne à quinze mois de prison pour "usurpation de fonction". Le 3 avril 1872, il est présenté cette fois devant le 5ème conseil de guerre de la 1ère division militaire qui le condamne aux travaux forcés à perpétuité. Il est envoyé pour purgé sa peine en Nouvelle - Calédonie, où il arrive à bord du " Rhin" le 23 avril 1872.

Employé à l'infirmerie du gouvernement. Le 2 novembre 1873, il tente lui-même une évasion avec Trinquet, il est repris et condamné le 22 décembre 1878, par le conseil de guerre de Nouméa, à la double chaîne. Des personnalités demandent sa grâce: notamment Victor Hugo. A son retour de déportation, il épouse sa compagne Marie Quenot dont il a déjà deux enfants. Le 5 juin sa peine est commué en bannissement. Il obtient une autorisation de séjourné brièvement à Paris, où il se trouve quand parvient la nouvelle de son amnistie le 8 mai 1879.

Il reprend son métier de typographe au journal "l'intransigeant" comme metteur en page. En 1885, il ouvre sa propre imprimerie baptisée "La Productrice", il la transforme en coopérative ouvrière qu'il administre de nombreuses années.

 

En 1889, il fonde avec d'autres communards la Société Fraternelle des Anciens Combattants de la Commune. Il entre au Parti Ouvrier créé au congrès de Marseille en 1879. Lors de la scission de 1882, il reste avec les groupes majoritaire parisiens "les positivistes" opposé aux "doctrinaires socialistes". Il devient un militant très en vue du nouveau parti la Fédération des Travailleurs Socialistes de France ( F.T.S.F.) et de l'Union Fédérale Centrale de la Région Parisienne. Il est à l'initiative de la lutte anti-boulangiste aussi bien au titre de secrétaire de la Société des Droits de l'Homme, que comme entraîneur des groupes de combats, ou encore de rédacteur du journal "Le Parti Ouvrier" qu'il fonde le 8 mai 1888. Il lutte contre les tenants de la position purement électorale, il prône une action révolutionnaire. Le congrès de Châtellerault (9-14 octobre 1890) conduit à la rupture qui amène la création du Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire, appelé encore " Parti Allemaniste". Il représente le parti dans toutes les réunions nationales et internationales: Londres (1896), Paris (1899).

Il représente la 2ème circonscription de Villefranche (Aveyron) au premier congrès général des organisations socialistes françaises, rapprochées suite à l'affaire Dreyfus. Au deuxième congrès général à Paris, Salle Wagram ( septembre 1900), il signe avec Jaurès et Briand une motion pour la grève générale qui est repoussée.

Il se présente de nombreuses fois aux élections à Villefranche où il obtient peu de succès sauf en 1906 où il est gagne avec 5100 voix contre 3960 comme candidat de la S.F.I.O..

Ardent défenseur des travailleurs, membre de la Franc-Maçonnerie , il lutte pour la laïcité dans la République, notamment à l'école. Il adhère à l' Association Nationale des Libres Penseurs au lendemain du congrès international de Genève (1902) . En 1920, il suit avec attention la naissance du Parti Communiste, qu'il soutient. Il meurt à l'âge de 92 ans, le 6 juin 1935 à Herblay.

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